Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Togo : calme relatif après deux jours de manifestations populaires

Ce vendredi, Lomé apparaissait plus calme après les manifestations et la mobilisation de l’opposition de ces deux derniers jours. Cependant la tension est palpable alors que le domicile le domicile de Tikpi Atchadam du Parti national panafricain(PNP), a été encerclé par les services de sécurité à la mi-journée.

Le gouvernement a convoqué le Parlement le mardi 12 septembre et demande aux opposants de « respecter la démocratie » alors que les services de sécurité ont encerclé le domicile du leader de l’opposition Tikpi Atchadam. Les autres leaders de l’opposition ont pris lé décision de rejoindre le leader du PNP afin de montrer que l’opposition demeure mobilisée.

Ce nouvel épisode dans un contexte déjà tendu, fait croître la mobilisation des Togolais qui par milliers pendant ces deux derniers jours sont descendus dans les rues de Lomé ainsi que dans les principales villes du pays. Les Togolais ont depuis deux jours montré leur impatience et leur détermination à « réclamer le retour à la Constitution de 1992 et le droit de vote de la diaspora ». C’est dans le quartier populaire de Bè que des manifestants persistent alors que le reste de la ville de Lomé avait ce matin, retrouvé un semblant de vie normale. « L’opposition a demandé une autorisation pour manifester pendant deux jours. Ceux qui occupent les rues ce vendredi le font illégalement », a prévenu une source gouvernementale.

L’opposition maintien la pression. Jeudi soirles leaders de l’opposition avaient appelé leurs militants à occuper le carrefour commercial Dékon, dans le centre de la capitale, « jusqu’au départ du Président Faure Gnassingbé ». Jean-Pierre Fabre, chef de file de l’opposition a donné l’exemple en s’installant par terre au milieu des militants. Jean-Pierre Fabre demande l’ouverture de discussions pour « négocier le départ du chef de l’État

Rappelons que les exigences de l’opposition vont crescendo alors qu’initialement la demande concernait le retour à la Constitution de 1992 ; les leaders de l’opposition demande désormais le départ du président et exige « d’un changement immédiat » à la tête de l’Etat. « Nous répondons aux aspirations profondes du peuple togolais », a déclaré Tikpi Atchadam, pour légitimer la pression accentuée sur le gouvernement. Le bras de fer est donc engagé, au sit-in de l’opposition, les autorités ont répondu par la dispersion musclée. Et ce au motif que l’artère occupée devait être libérée pour « permettre à l’activité de cette zone économique de se poursuivre normalement vendredi matin après deux jours d’arrêts ».

De son côté le gouvernement mobilise le Parlement, convoqué le 12 septembre suite à l’annonce de l’adoption de l’avant-projet de loi relatif aux réformes du 5 septembre. Le Parlement étudiera le texte le 12 septembre. « Le chef de l’État a marqué un acte fort. Il appartient désormais à l’Assemblée nationale de voter le texte. L’opposition a désormais l’opportunité de procéder à la réforme constitutionnelle qu’elle réclame », a déclaré Pacôme Adjourouvi, conseiller spécial du président Faure Gnassingbé.

Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique, souligen quand à lui « l’impossibilité pour le parti au pouvoir d’opérer seul les réformes ». En effet, l’Union pour la République (Unir), ne dispose pas de la majorité qualifiée des 4/5e au Parlement pour une révision Constitutionnelle. Alors que le climat oscille entre apaisement et tension extrême, les Togolais et les observateurs internationaux attendent de constater quelle position adoptera l’opposition au Parlement le 12 septembre.

Source : Jeune Afrique, Le Monde Afrique

 

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