Côte d'Ivoire et Afrique occidentale
Paris 2024 : la francophonie à l’honneur
Paris 2024

L’organisation des Jeux Olympiques en 2024 serait bien évidemment une aubaine pour Paris. Mais en cas de victoire, la Ville Lumière ne serait pas la seule à briller : un événement d’une telle ampleur permettrait en effet de faire rayonner la francophonie au niveau mondial et contribuerait ainsi à renforcer l’attractivité de tous les pays francophones, et notamment les pays africains.

« Opération séduction réussie » ! C’est en tout cas ce qu’affirme Le Figaro pour qui la capitale française a fait particulièrement bonne impression lors de la visite de la commission d’évaluation du Comité international olympique (CIO) à Paris en mai dernier. Le quotidien français déclare en effet que « l’étude technique (attachée à l’expérience, à l’héritage et à la gouvernance du projet) » a été considérée comme étant « un exposé exceptionnel et très détaillé », et que la journée de visite des différents sites a quant a elle été récompensée, le lundi 15 mai, d’un « Tout est là », déclaré par le président de la commission, Patrick Baumann.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que M. Baumann a résumé la visite de la commission par une déclaration pleine d’optimisme : « Paris 2024 a développé une proposition excellente, construite autour d’un concept des Jeux très solide ». De quoi faire rêver la France, mais aussi l’ensemble des pays francophones.

« Rayonnement planétaire »

Car si les Jeux Olympiques offrent l’occasion d’admirer la performance des meilleurs athlètes du monde, ils sont loin de se limiter à cela. Comme le fait remarquer Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), « le sport s’est transformé en un instrument de soft Power, cette puissance douce qui est devenue la forme nouvelle et subtile du pouvoir. Chaque État tente d’attirer l’attention, le respect et la sympathie des autres nations grâce à ses champions », affirme celui pour qui le prétendu « apolitisme » des Jeux Olympiques est « purement et simplement un mythe ».

Même son de cloche du côté de Laura Flessel, ministre des Sports : « ce n’est pas qu’un événement sportif. On deviendra une vitrine, on aura un rayonnement planétaire, on aura à gérer des projets, des événements… On aura besoin de tout le monde », s’enthousiasme, en toute connaissance de cause, cette ancienne championne olympique.

Cependant, ce que l’on dit moins, c’est que Paris, et la France, ne seront pas les seuls à rayonner durant l’événement. En effet, cette compétition sera également l’occasion de mettre la francophonie à l’honneur et de placer sur le devant de la scène l’ensemble des pays francophones.

 

Paris 2024, véritable tremplin pour l’Afrique francophone

L’organisation des Jeux Olympiques en 2024 à Paris offrirait ainsi à tous les pays de l’alliance francophone l’occasion de promouvoir leur langue, leur culture et leurs valeurs tout en renforçant leurs liens. Et ce sont les pays d’Afrique francophones, dont les performances économiques restent trop souvent méconnues sur le plan international, qui pourraient faire partie des principaux bénéficiaires de l’événement.

En effet, malgré un « potentiel immense » qui s’est traduit par « 19 années de croissance solide », l’Afrique a encore du chemin à parcourir et doit « saisir toutes les occasions de progresser », comme l’affirme la Banque mondiale dans un de ses nombreux rapports concernant le continent. Ainsi, pour consolider leur place dans l’économie mondiale, les pays d’Afrique doivent renforcer leur présence et leur influence à l’international. En ce sens, la tenue des Jeux Olympiques à Paris est une véritable aubaine : quoi de mieux que de promouvoir sa culture, ses valeurs, son mode de vie et ses performances au niveau mondial et ainsi susciter l’intérêt ?

Par ailleurs, la compétition sera également l’occasion de faire rayonner le Français et rappeler au monde entier qu’il s’agit d’une langue incontournable, que ce soit dans la sphère politique, économique ou sociale : le français est la 2e langue des affaires en Europe – la 3e dans le monde -, c’est aussi la 2e langue des Organisations internationales et enfin, le français est la 3e langue la plus utilisée sur Facebook et Wikipedia.

Ainsi, rendre le français et son apprentissage attractif permet de lui assurer une place de choix dans la diplomatie, les échanges économiques ainsi que sur Internet. Mais c’est également offrir des opportunités de premier ordre à l’ensemble des pays francophones.

 

Serge Diawara

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